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Professor William Brass

1921 - 1999

brass2.jpg (86040 bytes)Last year, the uN asked us to celebrate the arrival on earth of the six billionth inhabitant. The fact that we know how fast our population is growing well enough to designate the date on which we reached six billion is very largely due to the pioneering work of Bill Brass, who died last week after a long and debilitating illness.

Among population specialists world wide, Bill was famous for founding a whole new field of demography, which he called indirect estimation, but which most of us refer to as "the Brass techniques". These are methods for estimating fertility, mortality and population growth in those countries (which still account for half of the world’s population) that do not have comprehensive systems of registering births and deaths. Bill’s revolutionary insight was twofold: he recognised the close correspondence between mortality and fertility levels and resulting family structures; and he devised robust methods for converting answers to simple census questions about the number and survival of family relatives into conventional measures of fertility and mortality. Much of our present-day knowledge of the trends in birth and death rates in Africa, Asia and Latin America has been acquired through the use of his methods.

Bill was born and educated in Edinburgh, and his time at Edinburgh university was interrupted by war service in the Royal Navy Scientific Service when he was engaged in research on anti-submarine devices, and on statistical studies of electrical interference and torpedo ballistics. After completing his degree in Edinburgh he joined the East African Statistical Department in 1948, where he remained until 1955. It was during this period that his work on the East African Medical Survey aroused his interest in demography and saw the development of the first of his analytical techniques.

brass4.jpg (89387 bytes)From 1955 to 1964 he was at the university of Aberdeen as a senior lecturer in statistics, where, in addition to teaching, he pursued research in the use of mathematical and statistical models for the analysis of biometric data, particularly in demography. During this time he was granted a year’s leave of absence which was spent at the Office of Population Research at Princeton where he joined a team of distinguished demographers assembled by Ansley Coale to analyse the meagre data then available for the countries of sub-Saharan Africa. The results of this work were eventually published in The Demography of Tropical Africa, which for many years constituted the bible for people working in this field.

In 1965 he joined the London School of Hygiene and Tropical Medicine, first as Reader and later as Professor of Medical Demography. Here he founded the Centre for Population Studies, and assisted by staff members and research students from all over the world, he carried his work on analytical demography forward. At the Centre, he also did important work on demographic modelling, on the role of chance in determining fertility outcomes, and he initiated work on British demography, particularly on the problems of family structure and female employment. Bill was an inspirational and tireless teacher, who cared for his students and established long-lasting friendships with many. When he founded the Master’s course in demography he personally taught almost two-thirds of the courses, and there are many Asian and African demographers today who can still imitate his broad Scottish accent to perfection.

Those of us who were privileged to work with him recall his tremendous openness and intellectual generosity. Bill would have an idea, work out the basic mathematics (always with a stubby 2B pencil) and hand over the work to be finalised and written up by a research student or junior staff member – often Bill’s name would not even appear on the final publication in a learned journal. A warm family man, the father of two daughters, Bill and his wife Betty frequently made colleagues and students welcome in their home. He was particularly supportive to women academics and to scholars from developing countries, always helping to bring out the relevance of their practical experiences of work in collecting the data which his ideas allowed us to interpret.

Bill received many PUBLIC honours in recognition of his academic work. He was the president of the International union for the Scientific Study of Population from 1985-89; a fellow of the British Academy from 1979, serving on the council for three years; he was awarded the CBE in 1981; and was elected a Foreign Associate of the uS National Academy of Sciences in 1984. Many international organisations sought his advice, and he also gave generously of his time to charities such as Save the Children Fund, working in the field of health in developing countries.

L'an dernier, l'ONu nous a demandé de célébrer la naissance du 6 milliardième habitant de la planète. Notre connaissance, assez précise, de la rapidité d'accroissement de la population mondiale qui seule pouvait nous permettre de désigner la date à laquelle naûtrait le 6 milliardième être humain est largement due au travail de Bill Brass, pionnier dans ce domaine. Il s'est éteint la semaine dernière après une longue et invalidante maladie.

Parmi les spécialistes mondiaux de la population, Bill était célèbre pour avoir fondé un nouveau domaine en démographie, ce qu'il appelait l'estimation indirecte mais que la plupart d'entre nous désignons sous le nom de " technique Brass ". Il s'agit de méthodes d'estimation de la fécondité, de la mortalité et de la croissance de la population dans les pays (ils représentent encore la moitié de la population mondiale) qui n'ont pas de système généralisé d'état civil. Les découvertes révolutionnaires de Bill étaient doubles : il a d'une part identifié l'étroite correspondance entre les niveaux de mortalité et les niveaux de fécondité ainsi que les structures familiales qui en résultent. D'autre part il a déduit des méthodes solides de conversion de réponses aux simples questions de recensement sur le nombre et la survie des parents, en mesures conventionnelles de fécondité et de mortalité. une grande partie de nos connaissances actuelles en matière de tendances des taux de natalité et de mortalité en Afrique, Asie et Amérique latine ont été acquises grâce à l'utilisation de ces méthodes.

Bill est né à Edimbourg et a effectué ses études à l'université d'Edimbourg. Celles-ci furent interrompues par sa mobilisation dans les Services scientifiques de la Royal Navy pour la recherche sur les dispositifs anti-sous-marins et les études statistiques sur l'interférence électrique et la balistique des torpilles. Après avoir obtenu son diplôme universitaire, il rejoint le Département de Statistique d'Afrique de l'Est en 1948 où il restera jusqu'en 1955. C'est au cours de cette période que ses travaux sur une enquête médicale sur l'Afrique de l'est ont poussé plus loin son intérêt pour la démographie, et qu'il a mis en place ses premières analyses techniques.

De 1955 à 1964 il était à l'université d'Aberdeen comme maûtre de conférences en statistiques où en plus de l'enseignement, il poursuivit la recherche dans l'utilisation des modèles mathématiques et statistiques pour l'analyse de données biometriques particulièrement en démographie. Pendant ce temps, il a eu une année de congés qu'il a passé au Office of Population Research à Princeton university. Il y rejoint une équipe de démographes réputés rassembla par Ainsley Coale pour analyser les maigres données disponible pour les pays d'Afrique Subsaharienne. Les résultats de ce travail ont été publiés finalement dans le livre " The Demography of Tropical Africa " qui pour de longues années fut la bible des gens travaillant dans ce domaine.

En 1965, il rejoint la London School of Hygiene and Tropical Medecine, tout d'abord au poste de maûtre de conférence puis comme professeur de démographie médicale. Il y fonde le Centre d'Etudes des Populations et, avec l'aide des membres de son équipe et des étudiants chercheurs originaires des quatre coins du monde, il fait avancer la démographie analytique considérablement. Il effectua également des travaux sur la modélisation démographique, le rôle du hasard dans la détermination des résultats de fécondité et initia des travaux sur la démographie britannique et en particulier sur les problèmes de structure familiale et le travail des femmes. Bill était un professeur motivant et jamais fatigué, qui s'occupait bien de ses élèves et qui à établi des amitiés durables avec bon nombre d'entre eux. Il a fondé un cours de Maûtrise en démographie où il assura personnellement les deux tiers des cours. De nombreux démographes africains et asiatiques peuvent encore aujourd'hui imiter à la perfection son fort accent écossais.

Ceux parmi nous qui ont eu le privilège de travailler avec lui se souviennent de sa grande générosité intellectuelle et de son ouverture d'esprit. Bill avait une idée, il élaborait la formule mathématique de base et remettait le document, toujours écrit avec un petit crayon 2B, à un étudiant chercheur ou à un jeune membre de son équipe pour que celui-ci la finalise et la rédige. Il arrivait souvent que le nom de Bill n'apparaisse même pas sur la publication finale. un homme chaleureux en famille et père de deux filles, Bill et son épouse Betty accueillaient souvent des collègues et des étudiants chez eux. Il soutenait tout particulièrement les femmes universitaires et les boursiers originaires de pays en voie de développement, et les encourageaint à faire ressortir la valeur de leur expérience pratique dans le recueil de données, que ses idées nous permettaient ensuite d'interpréter.

Bill fut honoré de nombreuses récompenses pour ses travaux académiques. Il fut président de l'UIESP de 1985 à 89, membre de l'Académie britannique à partir de 1979, au service du conseil pendant trois ans. Il fut également honoré du CBE en 1984 et élu Associé étranger de l'Académie Nationale des Sciences des Etats-unis en 1984. De nombreuses organisations internationales lui demandaient conseil et il offrait également son temps à des œuvres de bienfaisance telles que le Fonds " Save the Children " se consacrant à la santé dans les pays en voie de développement.

John Blacker and Basia Zaba

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